Chemin faisant…

Nous remontons a bon rythme vers la Martinique et la marina du Marin. Manoir a besoin d’un peu d’entretien et il nous reste peu de temps avant l’avion pour la métropole.

Mais on n’oublie pas de laisser trainer nos lignes et depuis que Bruno ne nous précède plus et ne ratisse plus le fond des mers devant nous, et bien ça mord!!!…

2 jours de suite, un barracuda et son cousin. Même taille, et même goût.

Le premier a été consommé en marinade le soir même et le second est préparé à l’identique et patiente au frigo pour nous servir de repas ce midi.

Un bon 70 cm à chaque fois……

Pour des tablettes en chocolat…… 🍫🏄🏻‍♀️🏄‍♂️💪

Tout commence, comme souvent, par un échauffement musculaire. Ici, il se fait à l’aide d’un objet sympathique, appelé “pompe à pied”, qui permet de mettre sous pression l’armature de l’aile de kite et de lui donner sa forme. Du coup, le kiter se met lui aussi “en forme”…

Premier jour, exercices sur la plage, puis rapidement dans l’eau, c’est à dire nage tractée par le kite. L’eau est bonne mais salée …

Exercices dans l’eau pour maîtriser l’aile:

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Puis premières tentatives de sortie de l’eau, avec une aile de 9m2; celle de 12 a une fuite, donc même si elle était plus adaptée au vent du jour, on travaille les gammes.

Pour commencer (et sans doute pour un grand moment…), on est pas sur un kite à foil, mais sur un modèle “twin tips”, ce qui veut dire que la planche peut aller dans les 2 directions. Pas d’avant, pas d’arrière, et 2 ailerons de chaque côté pour guider (un peu…) la planche.

Deuxième jour, une aile de plus grande taille de 15 m2, pour aider le poids lourd à sortir et à bien intégrer les gestes; en revanche, dès qu’on est sorti, on arrive rapidement en survitesse et les gadins sont sportifs !

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Mais quand ça part…

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Et dans ces moments-là, Will répète ad libitum “lâche ta barre, lâche ta barre, lâche ta barre…”, où encore “à midi, à midi, à midi”.

(Cela veut dire qu’il faut remonter le kite en haut de la fenêtre d’évolution …

(la fenêtre d’évolution c’est le quart de sphère dans lequel le kite peut évoluer devant soi…

(le quart de sphère c’est de droite à gauche à 90°, et de l’horizon sur l’eau jusqu’au zénith: midi quoi…

Bon, vous avez compris là? Je ferme la parenthèse ) et puis celle-là ) et la dernière) 😉

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Bon, on commence a comprendre un peu comment ça marche. Les sauts avec “grab” (attraper la planche d’une main en l’air), ou même en “backroll” (backflip, c’est à dire salto arrière) sont encore loin, mais le plaisir de la glisse arrive déjà.

En revanche, le “one foot” (saut en sortant un pied des straps de la planche) est déjà à l’étude. Problème il est systématiquement involontaire et précède de quelques dixièmes de seconde le vol plané en avant qui permet un superbe plongeon… attaché à l’aile qui tire toujours en avant en général… on boit………

3ème jour. On repasse à une aile de 9m2; l’expérience acquise et le vent un peu plus fort disent que ça doit suffire pour sortir et que c’est mieux à gérer une fois sorti de l’eau

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Et ça va de mieux en mieux, même que la cameragirl 🎥 ne voit plus qu’un petit point dans son objectif tellement notre kiter file sur l’eau rapidement …

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pour finir ainsi dans une maitrise deja super après seulement 9h de pratique 🏄‍♂️…il faut dire que le professeur est très chouette et compétent.

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Cathy aussi a pu faire son initiation sur la plage en fin de stage: pour une fille pas trop aquatique au départ c’est un sacré challenge 😉 D’autant que la fête s’est aussi finie pour elle en nage tractée.

Mais rien d’impossible finalement …et plutôt de bonnes sensations …

Aie Aie maman les cours de piano s’éloignent…😛🤓 et ton garçon manqué repointe le bout de son nez …

Et pour ce qui est des tablettes de chocolat, ben au bout de 3 jours, les abdos sont quand même un peu douloureux……😉

Mais pour l’heure nous reprenons la route pour la Martinique et nous avons sanglé la bête (grâce un dispositif de haute technicité…) afin d’éviter toutes tentatives de rejoindre le plancher !!! Chat échaudé …

J’ai le coeur « GRENADINES » 🍹🏖🏝🇻🇨

Ce micro archipel s’éparpille de Grenada à St Vincent en une poussière d’iles volcaniques et de confettis de sable sertis de coraux… cependant, attention , il faut garder sa vigilance car les passes sont souvent délicates et les courants assez forts …

Allons à la découverte au fil de l’eau en démarrant par Union ou nous avons retrouvé “so far so good” .

Voici notre mouillage en approche : petit paradis tropical, sable blanc ,eaux limpides sur fond d’émeraude …

Tandis que les garçons bricolent sur le cata, les filles se rendent au village et notamment au centre de l’agglomération ou l’on trouve le nouveau marché aux petites baraques colorées dont les étals offrent des fruits et légumes 🌶 🍅🥑🥥🥕🥔🍌 (pas forcément très bon marché d’ailleurs …)

Union est aussi un haut lieu de kite surf 🏄‍♂️ … Nous y reviendrons sûrement…Affaire à suivre 😉……

En attendant petite virée sur l’ile de Mayreau:

Une très belle plage sous le vent et une autre au vent sont séparées par une mince bande de terre, et sur cet isthme une cocoteraie…on ne peut qu’être pris au piège de son charme quasi mythique 😍

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La soirée est prometteuse grâce aux contacts de Bruno qui nous proposent un petit encas sur le pouce …🤪

Et bien sûr on a pas su resister mais nous sommes restés très raisonnables: Après tout , nous approchons des fêtes de Noël 🎄 il faut nous acclimater et nous mettre au diapason des festivités approchantes non ?!…

Vous avez remarqué : on n’échappe pas aux nappes en plastiques …😒 meme si elles sont colorées !

Petite balade dans la rue en sable … plus besoin de souliers !!! on en profite pour rendre visite au “meilleur bar de Mayreau” selon Bruno. Nous on demande qu’a suivre…

Troisième jour on pousse un peu plus loin et nous voila aux Tobago Cays qui sont une réserve protégée. Des bouées payantes sont installées pour respecter les coraux. Pour nous ces paysages sont d’excellents souvenirs de la saison dernière avec nos coéquipiers de transat Pat et Alain. C’est donc avec un peu d’émotions que nous foulons la plage et nageons avec les tortues 🐢, toujours aussi majestueuses…

On vogue ensuite vers Bequia (prononcé Bécoué) ou l’on avait gardé le souvenir d’une des clearences les plus onéreuses de notre périple l’année dernière .

Et bien c’est aussi tout autre chose : nous avons parcouru l’île à bord d’une belle bétaillère taxi très confortable pour découvrir ce genre de vues :

Nous avons fait une halte dans un dispensaire à tortues ou un Irlandais soigne depuis 20 ans ces petites bêtes (des plus petites au plus grosses ) avant de les remettre en mer :

Cette grande promenade nous a quelque peu assoiffés et c’est tout naturellement que nous nous sommes retrouvés au bar du golf 🏌️‍♂️

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Nous avons terminé notre ballade par le fort Hamilton avec panorama de la baie (au passage admirez notre taxi plein air …)

et son coucher de soleil : Grandiose 🤩

Après une bonne nuit de sommeil 😴 , on fait route vers St Vincent dans la baie de Cumberland : aspect relativement sauvage ou la mer offre des plages de sable gris bordées d’une luxuriante végétation ( c’est bien simple je m’attends à voir apparaitre King Kong à chaque instant…) 🤣😂

Au fond, la baie, coupée en son milieu par une rivière (du coup l’eau est plus froide et très peu salée ) et une grande cocoteraie qui remonte sur la colline avec à mi hauteur le village. Le mouillage est soit disant bien abrité mais là encore les fonds sont abrupts donc du coup on mouille sur ancre et un bout à terre d’environ 70m (il faut trouver de la longueur !!!), frappé à un cocotier, moyennant le péage habituel par les boat boys et leurs propositions habituelles. On appelle ça le mouillage Bahaméen…

Voici en plus gros plan ce que ça donne :

Oui et bien nous, nous ne sommes pas convaincus du système ; d’une part on a eu de belles rafales de vent pendant la nuit, en plus de la pluie. On a pas dormi vraiment tranquilles, on sentait Manoir qui tirait sur son ancre ⚓️ et au petit matin le bout, à force de frotter sur les cailloux était quasiment sectionné … heureusement rien de grave !

C’est à St Vincent que nos routes se séparent d’avec “so far so good ” qui rejoint bientôt la Martinique. Mais quelque chose me dit qu’on se retrouvera bientôt …Nous, nous retournons profiter encore de Bequia pour un petit stop, avant de nous poser quelques jours à Union pour que le Capitaine prenne des cours de Kite … Je vous l’avais bien dit qu’il se tramait quelque chose …

Encore une très belle photo de St Vincent : la baie de Walalibou.

Considérations halieutiques…🐟🐠🐡🦐

Nous sommes maintenant revenus aux Grenadines; mais avant de vous parler de ces lieux magiques, j’aimerais vous livrer quelques considérations sur la pêche de ces dernières semaines, et notamment aux Roquès.

Aller à la pêche au fusil aux Roquès ou aux Avès, c’est un peu comme aller à la poissonnerie. Il y a tellement de poisson, et surtout celui-ci est en général si peu farouche, qu’on en vient à choisir. Voilà en gros ce que pense le pôvre pêcheur quant il parcourt les rayons du récif:😳

“Non pas celui-ci, on en a déjà mangé hier… “

“Ha tiens, un gros perroquet, cela ferait déjà 2 portions !”

“Et si je prenais la langouste dont les antennes dépassent, ce serait bien pour l’apéro, non? Juste grillée…”

Vous avez vu les photos, je ne vais pas vous les asséner à nouveau, mais tout ça pour vous dire qu’une partie de pêche aux Roquès, c’est maxi 30 minutes et coup au but 8 fois sur 10 dans des pièces 2 fois plus grosses que d’habitude. Seul le Barracuda échappe encore à nos flèches, mais ça ne durera pas. (Le Barracuda, qui frime et vous défie quand vous plongez avec masque et tube, devient beaucoup plus timoré, et pour tout dire peureux, dès que le fusil est visible.

Et puis outre les poissons et les langoustes, il y a aussi les oursins. Mais pas les petits oursins noirs qu’on trouve par chez nous. Non. Là on parle de boules poivre et sel, qui peuvent atteindre 12 cm de diamètre.

Voilà ce qu’on ramasse et qu’on s’offre pour une petit apéro:

Manoir a pris l’eau… 🌊💦💨🌬☔️🌈

… Non, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de vous annoncer le naufrage de notre beau Manoir. Mais cependant, vous allez admettre, j’espère, que le titre est tout a fait adapté!…

Nous vous avions laissés au départ des Roquès, avec un créneau météo plutôt favorable et un départ pour Grenade. Mais la météo, ça évolue toujours un peu, et surtout les spécificités locales dont on nous avait parlé étaient bien au rendez-vous.

Résumons-nous: il s’agit d’aller d’ici à gauche à là-bas à droite.

La première ile est interdite, car c’est une prison militaire ou Chavez a été un temps emprisonné. On suppose qu’aujourd’hui, d’autres l’ont remplacé.

L’ile de la Blanquilla est une étape possible, pile sur la route, et l’archipel des Testigos aussi, même s’il semble un peu au Sud.

Ben oui, mais il faut tenir compte du vent. Et ici en gros, il vient de droite (d’Est), 364 jours par an. J’exagère à peine… Manoir est un voilier, plutôt taillé pour faire du près (remonter au vent), et un quillard, donc qui dérive assez peu. Mais ça, c’est sur les lacs, ou du moins quand il n’y a pas trop de vagues. Et ici, des vagues, il y en a. Et dès que le vent dépasse les 15 noeuds, la houle du large monte à 2m, et souvent est un peu croisée et turbulente. Et puis, il y a un autre petit truc, qui s’appelle les courants. Vous connaissez tous le gulf stream, qui permet à l’Europe et à la France d’avoir un bien meilleur climat que New-York ou Montréal. Et bien ici, il y a beaucoup de courant qui remonte du Brésil pour se ruer au Mexique (tous des migrants!!!…). Et plus on s’approche de Grenade, plus il est fort. Jusqu’à plus de 3 noeuds. Quand Manoir atteint vaillamment 5 noeuds à 30 degrés du vent, vous voyez ce qu’il reste pour avancer…

Même dans le bleu, il y a du courant, mais plutôt de 1 noeud…

Brèfle… première étape assez rapide et on rejoint la Blanquilla en 32 heures avec une trajectoire de 157 miles (pour 120 en ligne droite). On a juste finit les dernières 3 heures au moteur pour arriver avant la nuit confrontés à un vent trop faible (moins de 8 noeuds). Voilà ce que donne notre slalom. Plutôt coulé comme trajectoire… cool !

En revanche, le génois n’a pas résisté. La réparation de la fixation basse (l’amure) faite en Guadeloupe a lâché. En fait, le travail était bien fait, mais un petit bout de dynema (cordage très solide) que j’avais installé pour bien serrer la voile sur l’étai a cisaillé la sangle. Rien de compliqué à réparer pour un maître-voilier mais il faudra attendre la Martinique et surtout tomber la voile…

En attendant, on navigue avec la trinquette, presque 2 fois plus petite, mais au près, et à partir de 15 noeuds, ça suffit bien. On a tout le temps 1 ou 2 ris dans la grand voile aussi.

Et puis aussi, cathy a essayé dans la nuit de s’assoir sur le pataras, mais ça n’a pas marché. Mais sa fesse droite a une belle marque qui a ensuite viré au bleu, puis au jaune. A cette heure, elle s’efface doucement…Youpi

Petite soirée dans un mouillage top. Plongée, ballade sur la plage 🏝

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Avec une “petite” rencontre sous-marine, une belle murène d’au moins 10 cm de diamètre.

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Et toujours…

et encore… je sais, des fois y en a marre des couchers de soleil. Mais bon, un petit de temps en temps. 😉

… et surtout bonne grosse nuit pour récupérer avant la seconde étape qui s’annonce plus cool,😎plus courte (90 miles en route directe) et surtout plus au Sud, donc théoriquement plus facile à aller chercher… en théorie.

En pratique, après échange avec Bruno par téléphone satellite (ils sont partis avec 24 heures de retard pour récupérer le visa d’Oxana), il nous annonce une météo plus renforcée. On décide de filer quand même, et dès le départ, on est confrontés aux courants, puis au manque de vent. Avec tout ça, on galère à quitter la Blanquilla et on louvoie avec l’aide occasionnelle du moteur entre les ilots. Du coup, il est plus de 14 heures quand on s’éloigne enfin de l’ile. La fin de journée et le début de nuit voient le vent monter, mais on file bien sur une route presque directe.

Je me repose un peu pendant que Cathy fait le premier quart jusqu’à 23 heures. J’ai bien fait, ce sera son dernier. Entre 20 heures et Minuit, c’est du vent instable, tournant, une mer hachée, courte, et un bateau qui tape dedans. Cathy se sent de moins en moins bien et finit même par renvoyer à la mer tout ce qu’elle a avalé🤮. Tout le milieu de nuit, c’est virement de bords à gogo pour essayer de suivre les rotations du vent sous les orages ⛈ et au passage éviter une petite ile, bien nommée La Sola, sur laquelle plusieurs grains semblent vouloir nous ramener.

Avec le concours occasionnel du moteur, puis son appui permanent pour tenir un vrai cap, nous avançons quand même dans la bonne direction. Cathy s’est bien levée à 2h pour prendre son quart mais vu son état l’instruction du capitaine a été formelle:

Tu vas te coucher et tu ne te relèves que quand tu vas mieux ou quand je viendrai te chercher si j’ai besoin d’aide”

Elle réapparaitra avec le soleil, pas lumineuse, mais vaillante quand même.

Au lever du jour, les mesures de vent et de courant nous ont conduits a conserver voiles et moteur pour une trajectoire près serré, seule manière de maintenir une vitesse supérieure à 3 noeuds face aux effets conjugués du vent (Est), des vagues (Nord-Est) et du courant (Est-Sud-Est). Pas envie d’une autre nuit en mer dans ces conditions!!!…

Même si c’est joli parfois, sous les grains. ⛈

Et Les testigos (encore une ile Vénézuélienne) nous ont enfin acceuillis. Mais un truc nous fait souci: on a fait plus de moteur que prévu et le dernier plein date de Bonaire, juste après Curaçao: la jauge baisse. Comme on se méfie un peu d’elle et qu’on sait les difficultés de la 3ème étape de navigation, on cherche à faire un peu de mazout. Contact pris avec les pêcheurs locaux (toujours aussi gentils, et encore plus pauvres qu’aux Roquès), une bande de jeunes nous propose un carburant bleu, un peu gras, et nous affirment que c’est du diesel, pour des moteurs 4 temps. On leur prend 15 litres dans un jerrican, on leur laisse autant d’Euros (on a plus de dollars mais ils veulent bien nous croire que c’est mieux) et du café, de la farine et du sucre en prime. Du coup ils nous proposent un bidon de 70 litres moyennant 100 euros. On suit la Barque avec Manoir et ils reviennent avec un gros bidon, bouché par un film alimentaire, et me tendent un bidon d’huile 2 temps en me faisant comprendre que je dois balancer ça avec dans mon réservoir. Je comprends d’un coup qu’ils font visiblement tourner leurs moteurs avec un mélange et qu’ils affirment qu’un diesel va accepter ça. Celui de leurs Lanchas peut-être (les barques locales qui font aussi office de bateau-maison pour les pêcheurs), mais je n’essaierai pas avec le Yanmar de Manoir. On leur rend donc leurs 15 litres, on leur laisse 5 euros et les aliments pour l’aide, et on se dépêche d’aller mouiller dans la petite baie en face de la guardia costa.

Los Testigos, petit archipel très mignon, mais nous ne traînerons pas à terre. Nous avons surtout besoin de récupérer, et de préparer notre dernière navigation pour Grenade. On se délestera avant de partir de toutes les provisions qu’on avait achetées pour offrir dans ces iles. A part le poisson, qui pullule, ils n’ont pas grand chose, et nos modestes présents ont eu l’air d’être bien accueillis (même si des cigarettes leur auraient aussi bien plu visiblement)

On fait et refait les calculs de consommation, on consulte le journal de bord pour vérifier dans le passé… c’est sûr, il doit nous rester au moins 120 l, soit 40 heures de moteur. C’est beaucoup, mais en cas de souci avec les voiles ou la météo plus dure que prévu, il faudra bien tout ça…

On s’appelle par satellite avec Bruno, on consulte notre pote Vincent en Belgique qui nous fait un super point météo par sms, et on décide encore d’y aller le lendemain matin. Cette fois, cap vers le Nord, pour traverser le plus vite possible le “fleuve” de courant qui veut nous emmener au Mexique (revoyez plus haut), et ensuite, il s’agit de louvoyer dans la zone de courants plus faibles jusqu’à Grenade. Voilà le résultat: en bleu la route prévue pour échapper aux courants les plus forts et en violet celle réalisée.

On s’en est pas trop mal sortis au niveau trajectoire. La traversée du courant avec l’appui du moteur pendant 10 heures, puis tout le reste à la voile pour rallier Grenade et sa station service. Les calculs étaient justes et même largement prudents, puisqu’il nous reste encore 110 l de gasoil.

En revanche, la nuit de voile a été plutôt musclée, et Manoir a bien tapé dans la mer. A l’arrivée, pas mal d’humidité à l’intérieur, des objets qui ont volé dans tous les sens, et même le support de la cuisinière qui a été cisaillé net. En démontant le tout au port pour vérifier les dégâts, j’ai cassé la porte vitrée du four: Manoir va avoir une nouvelle cuisinière (je parle du four, pas de la patronne!…). D’ailleurs, la patronne, parlons-en; elle s’est faite un peu bousculer par une vague durant la nuit et elle s’est rattrapée aux filières avec les dents. Enfin, c’est une image, mais ses lèvres ont un petit côté Pamela Anderson… bon, pour les bisous faut y aller molo, parait que ça pique (la lèvre, pas la barbe du pitaine😂)

Mais bon, mission accomplie. Manoir nous a ramené de Curaçao aux Grenadines, contre vents et courants. 667 miles de navigation dans le “mauvais” sens, dont en gros “seulement” 40 heures de moteur. A cette heure, après avoir dormi une nuit au port à Grenade, lavé Manoir dedans-dehors et ravitaillé un peu la cambuse, nous filons tranquillement vers Union (porte d’entrée Sud des Grenadines de saint-Vincent) ou “So far so good “nous rejoindra cette nuit pour reprendre nos découvertes ensemble.

Cathy est heureuse🤩🤩🤩; on ne devrait plus naviguer au près serré avant plusieurs semaines, voire des mois… ça ne nous manquera pas.